Les Merveilles de la science/Le Stéréoscope par Louis Figuier

August 17, 2019

Les Merveilles de la science/Le Stéréoscope par Louis Figuier

Titre de livre: Les Merveilles de la science/Le Stéréoscope

Auteur: Louis Figuier

Broché: 55 pages

Date de sortie: February 19, 2017

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Louis Figuier avec Les Merveilles de la science/Le Stéréoscope

Nous plaçons la description du stéréoscope immédiatement après celle de la photographie, parce que ces deux inventions sont étroitement liées l’une à l’autre, et se prêtent un mutuel appui. Que serait le stéréoscope sans la photographie ? Un instrument qui servirait à démontrer une proposition, quelque peu abstraite, de l’optique ; qui permettrait de faire voir en relief certains solides géométriques, que font difficilement saisir, sur le papier, la règle et le compas. Jamais, sans le secours de la photographie, le stéréoscope ne serait parvenu à réaliser ces vues saisissantes de la nature, qui mettent sous nos yeux les objets avec leurs reliefs, leurs anfractuosités et leurs saillies.

D’un autre côté, le stéréoscope est venu donner à la photographie une portée nouvelle et un intérêt inattendu. Ces vues de la nature, que l’instrument de Daguerre nous fournit avec tant de simplicité, d’abondance et d’économie, mais qui ne représentent, comme tous les dessins, que des surfaces sans relief ni profondeur, le stéréoscope permet d’en faire de petits tableaux, dans lesquels la nature se présente telle qu’elle apparaît à nos yeux. Dans cette boîte magique, la peinture devient sculpture, les détails les plus minutieux apparaissent, une image muette s’anime, une photographie devient un buste, dont un sculpteur peut s’inspirer.

Les secours et les services ont donc été mutuels et réciproques entre ces deux inventions.

Le stéréoscope fut découvert en 1838, et la photographie rendue publique en 1839. Ainsi, ces deux inventions se sont produites presque simultanément, comme s’il fallait que l’une arrivât précisément pour faire comprendre toute la valeur et l’importance de l’autre !

Mais abordons, sans plus tarder, l’étude particulière de cet instrument d’optique. Comme l’indique son nom tiré du grec (στερεὀς, solide, σϰοπἐω, je vois), le stéréoscope est destiné à faire apparaître les images des objets en relief, comme s’ils étaient de véritables corps solides.

Sur quel principe repose cet instrument remarquable ? C’est ce que nous avons à expliquer dans cette notice, en même temps qu’à décrire les principaux appareils qui servent à produire la vision stéréoscopique.

Les objets extérieurs produisent au fond de notre œil, une image semblable à celle qui se forme dans la chambre obscure des physiciens. Mais nos deux yeux, en raison de leur écartement, ne sont pas placés exactement de la même manière par rapport à l’objet que nous considérons. Aussi les images produites à l’intérieur de chacun de nos yeux, ne sont-elles pas exactement pareilles : l’une est plus étendue que l’autre ; l’une est plus éclairée ou plus colorée que l’autre, etc. Nous recevons donc deux impressions distinctes, deux images différentes d’un même objet. Cependant tout le monde sait bien que ces deux perceptions se fondent, s’allient en un jugement simple, c’est-à-dire que nous n’apercevons qu’un objet unique. C’est là un phénomène bien curieux. Il tient à diverses causes : à l’éducation des yeux, à une habitude prise dès l’enfance, à un effort, sans doute réel, mais dont nous n’avons pas conscience, et qui, combinant entre elles les deux images dissemblables perçues par chacun de nos deux yeux, les complète l’une par l’autre, et en compose une seule, conforme à l’objet considéré, c’est-à-dire présentant le relief qui existe dans la nature.

C’est donc un effort de notre intelligence, sourd en quelque sorte, qui nous donne le sentiment du relief.

Ce sentiment du relief s’efface quand on regarde avec les deux yeux, des objets très-éloignés. Notre jugement devient alors incertain, et même trompeur. Pourquoi ? Parce que l’intervalle qui sépare nos yeux est, relativement, si petit, que les deux images de l’objet situé à une grande distance, ne présentent plus de différence entre elles, s’accordent sans effort sur nos deux rétines, et ne produisent plus dès lors la sensation du relief.

Ainsi la sensation du relief est due à ce que deux images...